
Si les Daft punk sont les pères de la French Touch, Giorgio Moroder en est sûrement le grand-père. Le morceau Chase (Midnight Express) samplé par Vitalic, 25 ans plus tard, parle de lui-même et la vision artistique de cet homme a vraiment une influence contemporaine.
(les parties de textes en couleur sont soit des liens soit des mp3s à télécharger. pour les conserver sur votre disque dur, faites bouton droit, sauvegarder sous (pour mac ctrl+click normal)).
Giorgio Moroder peut nous faire son meilleur sourire. Grâce aux revenus générés par sa très prolifique activité musicale dans les années 70 et 80, il fait maintenant fructifier son capital dans des domaines qui lui tiennent à coeur (art moderne, expérimentation dans la photo, le cinéma et la musique) et les “plaisirs” de la vie (famille, voitures, collectionneur,etc.). On peut clairement dire qu’il l’a mérité : parti de rien, il a su se vendre et il détient une discographie aussi incroyable que diverse entre ces différents projets personnels, son travail de composition-production-arrangement pour des artistes, et ses bandes originales de film.

Son costume à rayure et ses lunettes fumées sont un peu à l’image de sa carrière. Elle reste entachée d’un sérieux mauvais goût. L’étiquette (peu enviable) qui lui colle le plus à la peau est certainement celle du “papa de la disco” (Donna Summer,etc.). Cependant il est honnête sur la question, et on lui concède qu'un artiste qui peut gagner de l’argent relativement facilement n’a aucune raison de s’en priver. Et pour véritablement comprendre son oeuvre et en mesurer la portée, il faut en mesurer sa grande diversité. A coté de ses multiples projets rémunérateurs, il a continué à faire des albums plus personnels, plus expérimentales et moins connus qui laissent de bons titres et surtout de nombreuses d’idées. Les Daft Punk, les Justice, Vitalic, et toutes les scènes New Wave-Electro,etc.-Techno-French Touch naviguent encore sur les révolutions musicales et techniques mises en pratique par Giorgio Moroder et d’autres artistes comme Krafwerk, Jean Michel Jarre ou Herbie Hancock. Je vais donc chercher dans ce bulletin à mettre en valeur la dualité chez ce personnage et montrait l’influence qu’il a en ce début de 21ème siècle.
Sur sa jeunesse, assez peu de choses à savoir. Il est né en 1940 à Ortisei dans le nord de l’Italie. Il commence la guitare à 16 ans, et quitte l’école et ses parents à 19 ans pour jouer dans un groupe de rock “plus ou moins dansant”. Istalllé à Munich, il produit son premier hit (surtout en Angleterre) avec l’aide de Pete Bellotte, qui restera son partenaire de l’ombre des années durant. “Son of My Father” (1972), qui a trés mal vieilli, est le seul titre intéressant d’un album rock assez classique. On remarque dès lors son intéret pour les machines et son attraction vers la musique populaire et commerciale anglo-saxonne -Les Beatles sont alors séparés et et Brian Jones est mort 3 ans plus tôt-.
Pourtant le rock n’intéresse pas plus que cela le producteur et sa carrière n’est vraiment lancé qu'après la rencontre de Donna Summer qu’il produit à partir de 1974 (allez voir ces chansons sur Dailymotion). Le but avouée était de se faire une place sur le marché américain et anglais en apportant quelque chose de nouveau. Pour cela, Moroder, a récupéré le son et le groove caractéristique de la musique soul de Philadelphie pour l’agrémenter de sons électroniques. La voix douce et les paroles sensuelles chantées par Donna Summer servent quant à elles à conquérir le public dans un procédé quasi hypnotique (Pour l’anecdote, le premier succès “Love to love you” est inspiré de la chanson “Je t’aime, moi non plus” de Serge Gainsbourg qui avait marquée le producteur quelques années plus tôt). Je dois dire que le morceau disco “I feel love” me fait vraiment beaucoup d’effet (à l’opposé de ce style de musique en général).

Moroder est alors devenu un des architectes de la musique disco. Il s'installe à Los Angeles et produit beaucoup d’autres artistes de disco comme Roberta Kelly, The Munich Machine, Sparks, Irene Cara, Miami Sound Machine, Bonnie Tyler, Cameo,etc. Cette partie de son oeuvre ne me semble pas trés intéressante hormis quelques bons titres. Néanmoins, il faut retenir un point essentiel sur la façon dont travaille Giorgio Moroder, dès le début, dans sa musique disco : une production uniquement à l’aide de machines et de synthétiseurs pour certains de ces morceaux (contrairement aux productions d'autres groupes de disco comme Chic, les Bee Gees, les Jackson 5,etc. qui utilisaient principalement de vrais instruments). A l’époque, il était vivement critiqué pour cela, ces détracteurs remarquant que faire de la musique avec des machines pourrait nous faire devenir nous-même des machines.

Parallèlement à ces productions disco, il continue jusque dans les années 80 à réaliser des projets personnelles et va réaliser plusieurs musiques de films.
Au sein de ces albums, on sent qu’il laisse vraiment part à son imagination et à l’innovation. Ses albums -Einzelganger en 1975, Knights in White Satin en 1976, From Here to Eternity en 1977, E=Mc2 en 1979- sont remplis de titres complètement “futuristes” pour l’époque. On peut même avancer qu’ils sont trés certainement directement ou indirectement à l’origine d’une grande partie de la musique électronique actuelle. Même si ses albums ont globalement mal vieillis, des titres comme “Good Old Germany” (1975), ”From Here to Eternity” (1977) (le clip est ici), ”Love’s in you, love’s in me” (1979) , “Evolution” (1979), “I Wanna funk with you tonight” (1976), ”A Love Affair” ou “Diamond Lizzy” interprété par Joe Esposito (1983) me semble avoir un écho tout particulière de nos jours. Moroder est super visionnaire dans son approche de la musique électronique : le bpm est souvent assez rapide et dans certains morceaux, un système de boucles répétitives jouées par de synthétiseurs aux identités sonores fortes (années 80’s, ceux associés ensuite à l’italo-disco) apparaît de manière à créer des morceaux énergiques et dansants. De plus, un soucis de faire de la musique pop et accessible est assez constant, ce qui le démarque d’autres groupes pionniers comme Kraftwerk.

Par ailleurs, les bandes originales qu’il va produire durant la même période sont dans la même veine avec beaucoup de gros tubes et des titres vraiment intéressants. Vous reconnaissez certainement les synthétiseurs des titres de certains de ces films : Midnight Express (1978), American Gigolo (1980), Flashdance (1983), Scarface (1983), Electric Dreams (1984), Top Gun (1986). Comme exemples, je vous propose “Chase” (ce fameux titre samplé par Vitalic qui est ultra efficace sur les dancefloor et qui a 30 ans maintenant...) et “(Theme From) Midnight Express” proviennent de Midnight Express, “Nightdrive” de American Gigolo. Je vous conseille d’écouter également “Together in Electric Dreams”, titre interprété par Philip Oakey, le chanteur de Human League, sur la bande originale du film Electric Dreams (le clip absolument énorme est ici). Enfin, pour avoir une idée de l'imagination débordante de cet homme, vous devriez vous procurer la version “morodienne” du film Métropolis de Fritz Lang sorti en 1984. Le film a fait peau neuve, a été accéléré et mise en musique par ses soins. J’ai trouvé que c’était de trés mauvais goût mais cela a le mérite d’être intéressant (voir ci-dessous).
Aussi je crois qu’il faut retenir l'élément suivant pour comprendre la portée de sa musique de nos jours. L’homme-machine n’avait aucune scrupule et aucune “pseudo éthique” sur le plan artistique. Faire de la disco ne l’a jamais gêné puisqu’elle lui rapportait des sous et faisait danser les gens. Et, utiliser les derniers technologies musicales en y mettant le prix ne semblait pas non plus le géner. C’est dans cette optique qu’il se distingue de pionniers des musiques électroniques comme Kraftwerk. Ce groupe et Moroder n’ont jamais pu s’entendre apparemment. Là, où les premiers intégraient leur musique dans une démarche artistique, historique, sociale et politique (la dénonciation d’une societé-robots,etc.), Moroder ne voyait dans les machines qu’une utilisation pratique. Produire un album entièrement avec des machines et des synthétiseurs analogiques permettait de se passer des musiciens (à faire tourner pour les performances ,etc.) et d’utiliser les dernières innovations technologiques pour créer des sons qui feraient danser les gens.

D’après moi, cette problématique est complètement d’actualités. Les groupes en electro-techno qui marchent en ce moment -Daft Punk, Justice, Boyz Noise en beaucoup d’autres-, qui font danser les gens et qui gagnent de l’argent sont ceux qui ont suivi la démarche de Giorgio Moroder, c’est évident. Justice, avec leur tube D.A.N.C.E (2006), sont dans cette lignée et on peut pas vraiment leur reprocher de ressortir cette vieille disco désuète surtout si ils continuent à proposer des titres intéressants à coté. Ils ont su se créer une identité sonore propre à partir de la technologie musicale récente (numérique, musique assistée par ordinateur, instruments virtuels,etc.) en insistant notamment sur le niveau de saturation de leurs instruments et de leurs basses.
Parfois, le lien de parenté est même flagrant dans les techniques de production. “Faster than the speed of love” et “I’m Left, You’re Right, She’s Gone” de l’album “From here to Eternity” (1977) (qui porte ici bien son nom) dans son utilisation du Vocodeur (dont Moroder est un des premiers à se servir) fait tellement penser à “Harder, Better, Stronger” de Daft Punk. Ce dernier groupe a par ailleurs intégré la boucle de “Chase” dans son live cd au Rex Club en 97. Puis je pense que des producteurs comme Mr Oizo, Kavinsky, ont repris beaucoup de choses à Moroder dans la façon de faire les morceaux (je pense à “Night Drive” par exemple). Récemment, le Vicarious Bliss Pop Expérience a repris “Together in Electric Dreams” en version instrumentalisée (que je trouve raté), ce qui montre quand même l’impact de Moroder sur au moins un des membres du label Ed Banger de Pedro Winter et les artistes qui gravitent autour.
Pour conclure, je pense que la musique électronique s’est enfermé petit à petit dans un paradoxe.
Par construction, elle est sujette à une constante évolution étant donné qu’elle est associée aux évolutions technologiques. Comme j’ai pu lu le lire récemment dans des interview, elle semble même s’inscrire dans une démarche de consommation. Elle se nourrit donc d’elle-même et les nouveaux titres qui marchent sont souvent réalisés par ceux qui maîtrisent le mieux l’outil technologique : tels nouveaux instruments virtuels, tels effets ou programmes.
Et pourtant il semble, à plusieurs égards, que plutôt que d’avancer, elle tourne en rond (cela fait un peu cliché mais dans cette optique d’analyse, cela me semble juste). S’ils n’expérimentent pas dans l'excès de la musique purement “technologique” et bruyante à la Ed Banger, ces artistes semblent beaucoup se tourner vers le passé. L’italo-disco et ses synthétiseurs ont nourri les nouvelles expériences d’artistes comme Dmx Krew ou Tepr et son “Cote Ouest”. Et des labels comme Do It Better, naviguent complètement sur cette vague des années 80 avec des groupes comme Mirage ,Chromatics ,etc. Giorgio Moroder était bien clair sur le sujet. La musique électronique doit avant tout être un moyen et pas une fin pour lui. Et je ressens une sorte de retour vers de l’humain dans la démarche de certains artistes au début du 21ème siècle. L’italo-disco avec toutes les artistes horribles qu’elle a connu, laissait part à la "sensibilité" de certains de ces producteurs. Et, allant plus loin, certains artistes qui expérimentent repartent encore plus loin dans le temps. Je pense à des groupes en indie-rock electro comme Architecture in Helsinki, Gang Gang Dance, Grizzly Bear, qui retournent aux sources de l'humanité de la musique à travers de l’utilisation de rythmiques tribales, de percussions et de l'important du chant,etc.
(les parties de textes en couleur sont soit des liens soit des mp3s à télécharger. pour les conserver sur votre disque dur, faites bouton droit, sauvegarder sous (pour mac ctrl+click normal)).
Giorgio Moroder peut nous faire son meilleur sourire. Grâce aux revenus générés par sa très prolifique activité musicale dans les années 70 et 80, il fait maintenant fructifier son capital dans des domaines qui lui tiennent à coeur (art moderne, expérimentation dans la photo, le cinéma et la musique) et les “plaisirs” de la vie (famille, voitures, collectionneur,etc.). On peut clairement dire qu’il l’a mérité : parti de rien, il a su se vendre et il détient une discographie aussi incroyable que diverse entre ces différents projets personnels, son travail de composition-production-arrangement pour des artistes, et ses bandes originales de film.

Son costume à rayure et ses lunettes fumées sont un peu à l’image de sa carrière. Elle reste entachée d’un sérieux mauvais goût. L’étiquette (peu enviable) qui lui colle le plus à la peau est certainement celle du “papa de la disco” (Donna Summer,etc.). Cependant il est honnête sur la question, et on lui concède qu'un artiste qui peut gagner de l’argent relativement facilement n’a aucune raison de s’en priver. Et pour véritablement comprendre son oeuvre et en mesurer la portée, il faut en mesurer sa grande diversité. A coté de ses multiples projets rémunérateurs, il a continué à faire des albums plus personnels, plus expérimentales et moins connus qui laissent de bons titres et surtout de nombreuses d’idées. Les Daft Punk, les Justice, Vitalic, et toutes les scènes New Wave-Electro,etc.-Techno-French Touch naviguent encore sur les révolutions musicales et techniques mises en pratique par Giorgio Moroder et d’autres artistes comme Krafwerk, Jean Michel Jarre ou Herbie Hancock. Je vais donc chercher dans ce bulletin à mettre en valeur la dualité chez ce personnage et montrait l’influence qu’il a en ce début de 21ème siècle.
Sur sa jeunesse, assez peu de choses à savoir. Il est né en 1940 à Ortisei dans le nord de l’Italie. Il commence la guitare à 16 ans, et quitte l’école et ses parents à 19 ans pour jouer dans un groupe de rock “plus ou moins dansant”. Istalllé à Munich, il produit son premier hit (surtout en Angleterre) avec l’aide de Pete Bellotte, qui restera son partenaire de l’ombre des années durant. “Son of My Father” (1972), qui a trés mal vieilli, est le seul titre intéressant d’un album rock assez classique. On remarque dès lors son intéret pour les machines et son attraction vers la musique populaire et commerciale anglo-saxonne -Les Beatles sont alors séparés et et Brian Jones est mort 3 ans plus tôt-.
Pourtant le rock n’intéresse pas plus que cela le producteur et sa carrière n’est vraiment lancé qu'après la rencontre de Donna Summer qu’il produit à partir de 1974 (allez voir ces chansons sur Dailymotion). Le but avouée était de se faire une place sur le marché américain et anglais en apportant quelque chose de nouveau. Pour cela, Moroder, a récupéré le son et le groove caractéristique de la musique soul de Philadelphie pour l’agrémenter de sons électroniques. La voix douce et les paroles sensuelles chantées par Donna Summer servent quant à elles à conquérir le public dans un procédé quasi hypnotique (Pour l’anecdote, le premier succès “Love to love you” est inspiré de la chanson “Je t’aime, moi non plus” de Serge Gainsbourg qui avait marquée le producteur quelques années plus tôt). Je dois dire que le morceau disco “I feel love” me fait vraiment beaucoup d’effet (à l’opposé de ce style de musique en général).

Moroder est alors devenu un des architectes de la musique disco. Il s'installe à Los Angeles et produit beaucoup d’autres artistes de disco comme Roberta Kelly, The Munich Machine, Sparks, Irene Cara, Miami Sound Machine, Bonnie Tyler, Cameo,etc. Cette partie de son oeuvre ne me semble pas trés intéressante hormis quelques bons titres. Néanmoins, il faut retenir un point essentiel sur la façon dont travaille Giorgio Moroder, dès le début, dans sa musique disco : une production uniquement à l’aide de machines et de synthétiseurs pour certains de ces morceaux (contrairement aux productions d'autres groupes de disco comme Chic, les Bee Gees, les Jackson 5,etc. qui utilisaient principalement de vrais instruments). A l’époque, il était vivement critiqué pour cela, ces détracteurs remarquant que faire de la musique avec des machines pourrait nous faire devenir nous-même des machines.

Parallèlement à ces productions disco, il continue jusque dans les années 80 à réaliser des projets personnelles et va réaliser plusieurs musiques de films.
Au sein de ces albums, on sent qu’il laisse vraiment part à son imagination et à l’innovation. Ses albums -Einzelganger en 1975, Knights in White Satin en 1976, From Here to Eternity en 1977, E=Mc2 en 1979- sont remplis de titres complètement “futuristes” pour l’époque. On peut même avancer qu’ils sont trés certainement directement ou indirectement à l’origine d’une grande partie de la musique électronique actuelle. Même si ses albums ont globalement mal vieillis, des titres comme “Good Old Germany” (1975), ”From Here to Eternity” (1977) (le clip est ici), ”Love’s in you, love’s in me” (1979) , “Evolution” (1979), “I Wanna funk with you tonight” (1976), ”A Love Affair” ou “Diamond Lizzy” interprété par Joe Esposito (1983) me semble avoir un écho tout particulière de nos jours. Moroder est super visionnaire dans son approche de la musique électronique : le bpm est souvent assez rapide et dans certains morceaux, un système de boucles répétitives jouées par de synthétiseurs aux identités sonores fortes (années 80’s, ceux associés ensuite à l’italo-disco) apparaît de manière à créer des morceaux énergiques et dansants. De plus, un soucis de faire de la musique pop et accessible est assez constant, ce qui le démarque d’autres groupes pionniers comme Kraftwerk.

Par ailleurs, les bandes originales qu’il va produire durant la même période sont dans la même veine avec beaucoup de gros tubes et des titres vraiment intéressants. Vous reconnaissez certainement les synthétiseurs des titres de certains de ces films : Midnight Express (1978), American Gigolo (1980), Flashdance (1983), Scarface (1983), Electric Dreams (1984), Top Gun (1986). Comme exemples, je vous propose “Chase” (ce fameux titre samplé par Vitalic qui est ultra efficace sur les dancefloor et qui a 30 ans maintenant...) et “(Theme From) Midnight Express” proviennent de Midnight Express, “Nightdrive” de American Gigolo. Je vous conseille d’écouter également “Together in Electric Dreams”, titre interprété par Philip Oakey, le chanteur de Human League, sur la bande originale du film Electric Dreams (le clip absolument énorme est ici). Enfin, pour avoir une idée de l'imagination débordante de cet homme, vous devriez vous procurer la version “morodienne” du film Métropolis de Fritz Lang sorti en 1984. Le film a fait peau neuve, a été accéléré et mise en musique par ses soins. J’ai trouvé que c’était de trés mauvais goût mais cela a le mérite d’être intéressant (voir ci-dessous).
Aussi je crois qu’il faut retenir l'élément suivant pour comprendre la portée de sa musique de nos jours. L’homme-machine n’avait aucune scrupule et aucune “pseudo éthique” sur le plan artistique. Faire de la disco ne l’a jamais gêné puisqu’elle lui rapportait des sous et faisait danser les gens. Et, utiliser les derniers technologies musicales en y mettant le prix ne semblait pas non plus le géner. C’est dans cette optique qu’il se distingue de pionniers des musiques électroniques comme Kraftwerk. Ce groupe et Moroder n’ont jamais pu s’entendre apparemment. Là, où les premiers intégraient leur musique dans une démarche artistique, historique, sociale et politique (la dénonciation d’une societé-robots,etc.), Moroder ne voyait dans les machines qu’une utilisation pratique. Produire un album entièrement avec des machines et des synthétiseurs analogiques permettait de se passer des musiciens (à faire tourner pour les performances ,etc.) et d’utiliser les dernières innovations technologiques pour créer des sons qui feraient danser les gens.

D’après moi, cette problématique est complètement d’actualités. Les groupes en electro-techno qui marchent en ce moment -Daft Punk, Justice, Boyz Noise en beaucoup d’autres-, qui font danser les gens et qui gagnent de l’argent sont ceux qui ont suivi la démarche de Giorgio Moroder, c’est évident. Justice, avec leur tube D.A.N.C.E (2006), sont dans cette lignée et on peut pas vraiment leur reprocher de ressortir cette vieille disco désuète surtout si ils continuent à proposer des titres intéressants à coté. Ils ont su se créer une identité sonore propre à partir de la technologie musicale récente (numérique, musique assistée par ordinateur, instruments virtuels,etc.) en insistant notamment sur le niveau de saturation de leurs instruments et de leurs basses.
Parfois, le lien de parenté est même flagrant dans les techniques de production. “Faster than the speed of love” et “I’m Left, You’re Right, She’s Gone” de l’album “From here to Eternity” (1977) (qui porte ici bien son nom) dans son utilisation du Vocodeur (dont Moroder est un des premiers à se servir) fait tellement penser à “Harder, Better, Stronger” de Daft Punk. Ce dernier groupe a par ailleurs intégré la boucle de “Chase” dans son live cd au Rex Club en 97. Puis je pense que des producteurs comme Mr Oizo, Kavinsky, ont repris beaucoup de choses à Moroder dans la façon de faire les morceaux (je pense à “Night Drive” par exemple). Récemment, le Vicarious Bliss Pop Expérience a repris “Together in Electric Dreams” en version instrumentalisée (que je trouve raté), ce qui montre quand même l’impact de Moroder sur au moins un des membres du label Ed Banger de Pedro Winter et les artistes qui gravitent autour.
Pour conclure, je pense que la musique électronique s’est enfermé petit à petit dans un paradoxe.
Par construction, elle est sujette à une constante évolution étant donné qu’elle est associée aux évolutions technologiques. Comme j’ai pu lu le lire récemment dans des interview, elle semble même s’inscrire dans une démarche de consommation. Elle se nourrit donc d’elle-même et les nouveaux titres qui marchent sont souvent réalisés par ceux qui maîtrisent le mieux l’outil technologique : tels nouveaux instruments virtuels, tels effets ou programmes.
Et pourtant il semble, à plusieurs égards, que plutôt que d’avancer, elle tourne en rond (cela fait un peu cliché mais dans cette optique d’analyse, cela me semble juste). S’ils n’expérimentent pas dans l'excès de la musique purement “technologique” et bruyante à la Ed Banger, ces artistes semblent beaucoup se tourner vers le passé. L’italo-disco et ses synthétiseurs ont nourri les nouvelles expériences d’artistes comme Dmx Krew ou Tepr et son “Cote Ouest”. Et des labels comme Do It Better, naviguent complètement sur cette vague des années 80 avec des groupes comme Mirage ,Chromatics ,etc. Giorgio Moroder était bien clair sur le sujet. La musique électronique doit avant tout être un moyen et pas une fin pour lui. Et je ressens une sorte de retour vers de l’humain dans la démarche de certains artistes au début du 21ème siècle. L’italo-disco avec toutes les artistes horribles qu’elle a connu, laissait part à la "sensibilité" de certains de ces producteurs. Et, allant plus loin, certains artistes qui expérimentent repartent encore plus loin dans le temps. Je pense à des groupes en indie-rock electro comme Architecture in Helsinki, Gang Gang Dance, Grizzly Bear, qui retournent aux sources de l'humanité de la musique à travers de l’utilisation de rythmiques tribales, de percussions et de l'important du chant,etc.
1 commentaires:
Post très instructif ma foi, mais tu as oublié un petit détail (pas très pertinent j'avoue, mais assez intéressant).À savoir la participation de Giorgio Moroder dans la composition de la bande originale du film "L'Histoire sans fin", notamment le single interprété par Lhimal(qui faisait de je ne sais quel groupe allemand de l'époque),"Never ending story" dont tout le monde se souvient...
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